Chronique de l'église de Juzancourt
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Eglise Saint Pierre-Saint Paul

De Juzancourt

 

 

 

B. Caduff, architecte expert près des compagnies à l'assurance et Ch. Nardonne, architecte du Gouvernement, sont désignés, par la coopérative de reconstruction des églises dévastées, pour rebâtir l'élégant édifice de pierres et d'ardoises visible aujourd'hui.

 

Ces architectes parisiens possédaient une agence à Rethel, rue de Clèves. Ils seront également les architectes de la mairie-école du village qu'ils achèveront en octobre 1928.

 

Les travaux de reconstruction de l'église sont confiés à M. Jouanny, entrepreneur qui a pour mission de les terminer dans l'année.

 

Descriptif de l’extérieur

               

L'église est conçue selon un plan sobre, sobriété souvent conseillé aux architectes de la reconstruction en raison de contraintes financières.

 

La nef unique est précédée d'un narthex que surmonte le clocher. Sa charpente pyramidale reçoit une couverture d'ardoises; sa base est percée de baies habillées d'abat-sons disposés sur trois rangées.

 

Une décoration fouillée met en valeur la façade occidentale.

 

Le portail en plein cintre est cantonné de deux fenêtres couronnées, elles aussi, d'un plein cintre.

 

Fenêtres et portail sont flanqués respectivement d'une et de deux colonnes engagées et disposées en ébrasement pour le portail. Les chapiteaux sont décorés et historiés. En effet, ceux qui encadrent le portail reprennent la typologie chère aux imagiers du Moyen-Age. Ici la concordance entre les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament évoque d'un côté: Ève tentée par le serpent et de l'autre: la Fuite en Égypte.

 

Au-dessus, l'archivolte est richement décorée. Un bandeau médian présente des visages grimaçants dans lesquels certains auteurs y ont reconnu les sept péchés capitaux, définis par la tradition catholique, comme étant: la paresse qui renvoie à son démon Belphégor, l'orgueil à Lucifer, la gourmandise à Belzébuth, la luxure à Asmodée, l'avarice à Mammon, la colère à Satan, l'envie à Léviathan.

 

Des moulures à dessins géométriques et floraux animent les autres éléments de la voussure.

 

Deux filets tronçonnés en fractions égales, séparées les unes des autres par un vide, et disposées en alternance sur deux rangs, produisent, au soleil couchant, une succession d'ombres et de lumières rasantes du plus bel effet.

 

Un bandeau horizontal saillant délimite l'ensemble de la structure, qui, ainsi scandée sur ses trois faces, prend une noble allure.

 

La partie supérieure de la façade occidentale s'enrichit d'une rosace à huit branches. Le diamètre de sa circonférence s'harmonise parfaitement avec celui de la courbure de l'archivolte.

 

Aux angles, les contreforts talutés se font discrets.

 

Les vantaux du portail sont dotés de ferronneries.

 

Descriptif de l’intérieur

 

L'entrée débouche dans le narthex qui délimite un vestibule à deux chapelles.

 

Au nord, dans le respect de la tradition de la chrétienté, sont disposés les fonts baptismaux.

 

Les vitraux qui éclairent l'espace sont l'œuvre de l'atelier Barillet; ils rappellent la symbolique baptismale par l'eau purificatrice qui tombe de la source et la colombe évoquant le Saint-Esprit.

 

Les éléments sont représentés dans des médaillons placés au centre de verres blancs sur deux baies.

 

Dans son cahier n° 3, la publication « Images de verre, images de guerre» des Archives Départementales des Ardennes, précise: ... "A l'entrée de l'édifice, le baptistère présente les premières fenêtres de ce style. Deux Croix de guerre vertes prennent place dans la verrière. La partie arrondie comprend un losange violet et deux lignes noires qui forment un triangle. Tout l'espace est constitué par du verre cathédrale blanc. Une bordure mauve entoure l'intérieur de la baie. Cette bordure est soulignée par deux fines bandes écrues. Au centre des croix, une forme légèrement rectangulaire dessine sur fond noir en couleur d'or avec Miles Christi (Soldat du Christ), et pour l'autre centre de la croix, un triangle évoquant Yahvé dont chaque extrémité se termine par un cercle évoquant la Trinité (Pater, Filius et Spiritus). Les deux.'C centres de croix pour la seconde fenêtre du baptistères présentent une coquille pour l'eau baptismale et une colombe pour l'Esprit" ....

 

Au sud, dans la chapelle en partie occupée par l'escalier de la tribune, le registre iconographique propose: décorations militaires, casque de poilus, grenade ... tous ces objets sont placés au centre d'une croix rappelant la forme de la Croix de Guerre; l'auteur du cahier n03 ajoute: ... " les motifs du centre des croix deviennent guerriers: casque" marqué R F. (République Française), entouré de feuilles de laurier et de feuilles de chêne, et présentent des grenades explosant. Nous trouvons également des décorations militaires françaises: Croix de guerre et Légion d'honneur" ....

 

La nef spacieuse, sans bas-côtés, est sobre et invite au recueillement.

 

Les deux poutres apparentes, qui constituent la base de la charpente, reposent sur des chapiteaux de pierre sculptée. Des tirants de fer, tendus sur toute la largeur de la nef relient leurs extrémités, qui ont, seul, reçu une décoration.

 

La sobriété transparait également dans les vitraux des fenêtres qui sont décrits dans l'ouvrage précité comme suit: ... "Dans des panneaux blancs, trois croix s'inscrivent dans un carré, leur centre est violet. Les trois compartiments sont reliés par des rectangles bleu foncé. Nous retrouvons des bordures écrues et mauves-roses.

 

Ces vitraux allient audace, simplicité et élégance" ....

Le motif représente des croix de Malte dont la couleur n'est pas le rouge traditionnel mais, ici, le vert en signe d'espérance; elles sont bordées de bandeaux noirs qui avec la couleur violet créent une atmosphère de deuil ou en tout cas signalent, qu'en ce lieu, la douleur ne fut pas un vain mot.

 

Surplombant la nef, la tribune s'orne d'une fresque dédiée à la louange de la Sainte Trinité évoquée dans l'Évangile de saint Luc (2. 14). Succédant au Kyrié eleison dans la liturgie, les versets du Gloria sont ici mis en musique pour y être chantés: Laudamus. te (côté sud de la tribune) Adoramus. te (au nord) -Nous te louons, nous t'adorons-.

 

Au centre, et au-dessus, un triangle irradiant, figure la Trinité; une banderole, portée par deux anges surplombant la nuée, reproduit la louange du psaume 112 dans sa première strophe: Laudate pueri Dominum.

 

Le maître-autel occupe le fond du sanctuaire qui tient lieu d'abside.

 

La porte du tabernacle affiche un chrisme, monogramme du Christ, composé des lettres grecques X et P entourées de l'alpha et de l'oméga (1 ère et dernière lettre de l'alphabet), symbole du commencement et de la fin de tout, à l'image de la personne de Jésus Christ.

 

Autre symbole très fort de la représentation du Christ dans l'eucharistie avec le médaillon sculpté au bas du maître-autel: le pélican nourrit ses petits de ses entrailles pour rappeler le sacrifice de Jésus, mort sur la croix, qui versa, lui aussi, son sang pour les autres.

 

Les vitraux du chœur sont aussi évocateurs d'eucharistie et de salut: les symboles traditionnels y sont représentés: calice, main divine, grappe de raisins, oiseaux affrontés se désaltérant à la source, serpent enroulé, poissons ...

 

Le vitrail principal du chœur représente l'image du Sacré-Cœur inscrit dans une mandorle.

 

Il s'agit d'un thème iconographique très en vogue dans les années 1920, puisque la France vient de lui être consacrée (1915). Il donnera également lieu à la production d'une grande quantité de statues.

 

Aux pieds du Christ nimbé, flotte un phylactère sur lequel figure le premier verset d'une citation d'Isaïe 12,3-4: Haurietis aquas in gaudio de fontibus Salvatoris -Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut- (citation reprise aux premiers mots de l'Encyclique de Pie XII, le 15 mai 1956!)

 

Le vitrail est inséré dans le mur du chevet sur lequel est appliquée une suite de dessins géométriques, œuvre du fresquiste parisien Tony Vergnolet. De part et d'autre de la fenêtre, la décoration s'enrichit de deux anges adorateurs qui se font face, dans un style 'art déco' en plein essor à cette époque.

 

A noter que ce vitrail a été l'objet d'un acte de vandalisme qui a nécessité l'intervention de l'atelier "Verre et Lumière" pour sa réparation et sa protection extérieure (devis chiffré à 2575€ H.T. en 2008).

 

Deux inscriptions, de part et d'autre de l'arc triomphal, sur le mur de la nef, rappellent la date d'achèvement de la construction de l'église: 1925

 

Les statues de Notre-Dame de Lourdes, de saint Joseph portant l'Enfant dominent deux autels latéraux, les autres, disposées dans la nef, sont: saint Pierre, saint Antoine de Padoue, sainte Thérèse de Lisieux, et

Jeanne d'Arc.

 

Notice établie par jean-Luc Collignon pour l’office de tourisme de rethel.

                               Photos appartenant à Me Charlotte Gontrand.

 

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Eglise Saint Pierre-Saint Paul

De Juzancourt

 

Le 12 Juillet 2009,

Le pays rethélois organisait un circuit sur les églises de la région qui avait pour thème cette année <Les vitraux commémoratifs des deux guerres>

Une occasion pour Mr Jean-Luc Collignon, passionné d’art sacré d’exposer la richesse de notre église à de nombreux visiteurs.

 

 

 

 

 

L’ancien sanctuaire, édifié avec la craie extraite des carrières voisines, jadis exploitées à ciel ouvert, a été détruit lors de la guerre 14/18 (le 28 octobre 1918).Il datait du 18 ième siècle, et était placé sous le patronage de St Pierre et St Paul.

 

L’édifice actuel a été reconstruit en 1925 sur l’emplacement de l’ancien.

 

La première pierre a été bénite le dimanche 8 mars 1925 par Mgr Neveux, évêque auxiliaire du diocèse, assisté de Mgr Camu, président de la coopérative des églises. L’abbé Depuiset est alors curé de Villers et Juzancourt(les paroissiens lui ont apposé une dédicace dans le narthex).le maire est Mr. Borgnet.

 

Le dimanche 6 juin 1926, une double cérémonie mettait en fête la paroisse de Juzancourt, on y faisait la bénédiction de la nouvelle église et le baptême d’une cloche. A deux heures de l’après-midi Mr Druart, entouré de tout son conseil municipal, reçoit Mgr Camu au seuil de l’édifice.

Mr le maire évoque le souvenir de Mgr Neveux qui est venu bénir la première pierre, charge Mr le Vicaire Général de présenter les hommages de toute la population à son Eminence et remercie tous ceux qui ont contribué à la construction de la maison de Dieu qui va protéger toutes les habitations environnantes.

Mgr Camu s’associe aux sentiments que vient d’exprimer Mr le Maire, puis accompagné de Mr l’abbé Depuiset, curé de la paroisse, et de Mr l’abbé Laurent curé de St Germainmont, procède à la cérémonie. Il adresse ensuite à la nombreuse assemblée une allocution de circonstance. Il bénit ensuite la cloche qui porte le nom de Marie Thérèse, tandis que la chorale de Vieux-Les-Asfeld exécute, avec son art habituel, des chants de circonstance.

Le village était magnifiquement décoré, un portique de verdure et une allée fleurie lui donnait un aspect gracieux et coquet qui témoigne du bon gout et de l’esprit chrétien de cette excellente petite paroisse.

La copieuse distribution des dragées a montré la générosité du parrain et marraine, à la grande joie des  enfants.

Un vin d’honneur a ensuite été offert à tous les invités.

 

 

 

 

Chronique de l'église de Juzancourt